Séquence 4 – L’Homme et le monde dans la poésie

Séquence 4 : L’Homme et le monde dans la poésie

Problématique : Que nous disent les poètes à propos de l’Homme et du monde ?

Objectifs : Revoir les caractéristiques de la poésie et comprendre les particularités du langage poétique ; observer l’évolution de la poésie du XIXème siècle à nos jours ; savoir dire correctement un poème.

I. La poésie

1) Définition

Qu’est-ce que la poésie ? Répondez sur votre feuille avant de consulter la proposition qui suit.

Proposition de définition
La poésie est un art du langage qui se caractérise par sa musicalité (vers, strophes, rimes), l’expression des sentiments (lyrisme), une expression particulière et un regard différent sur le monde (figures de style).

2) Vocabulaire de la poésie

Donnez la définition des mots suivants : vers ; strophe ; rime ; quatrain ; tercet ; syllabes ; Alexandrin.

Définitions
– vers : une ligne.
– strophe : un groupe de vers.
– rime : répétition d’un son à la fin des vers.
– quatrain : strophe de quatre vers.
– tercet : strophe de trois vers.
– Alexandrin : vers de 12 syllabes.
– syllabe : son produit par une voyelle.

II. L’Homme et la nature

1) Victor Hugo, « Soleils couchants »

Le soleil s’est couché ce soir dans les nuées ;
Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l’aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s’enfuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d’argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S’iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde, immense et radieux !

Victor Hugo, Les Feuilles d’Automne, 1829.

→ Répondez à la problématique suivante en vous appuyant sur des passages et des procédés poétiques : Comment la description de la nature permet-elle au poète d’évoquer la condition de l’Homme ?

Pour répondre à la problématique, observez les champs lexicaux et les figures de style. L’étude s’organise en deux parties : description de la nature / la condition de l’Homme.

Une fois l’étude terminée, consultez la correction et apprenez le poème par cœur.

Correction
– Champ lexical de la nature. → L’ensemble de la nature est présente dans le poème, il s’agit du monde.
– Champ lexical du temps. → Le temps s’abat sur la nature qui n’en ressent pas les effets (« ridées et non vieillies ; bois toujours verts ; s’iront rajeunissant »).
– La Nature est personnifiée pour nous amener à comparer avec l’Homme.
– Dans la dernière strophe, l’Homme subit les effets du temps (« courbant plus bas ma tête ; refoidi ; je m’en irai bientôt »), c’est donc la condition de mortel que le poète veut évoquer dans ce poème, condition qui s’oppose à l’immortalité de la Nature.

2) Charles Baudelaire, « Quand le ciel bas et lourd… »

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D’une vaste prison imite les barreaux,
Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

– Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

→ Répondez à la problématique suivante en vous appuyant sur des passages et des procédés poétiques : Comment la description du monde reflète-t-elle l’état d’esprit du poète ? Pour répondre à cette problématique, vous observerez les champs lexicaux et les figures de style.


L’impératif présent

L’impératif est le mode de la conjugaison qui permet d’exprimer l’injonction.

Ex. : « Ecrivez ! »

Ce mode comporte deux temps :

impératif présent impératif passé
Ex. : Ecrivez ce texte dans votre classeur. Ex. : Ayez écrit ce texte dans votre classeur quand nous rentrerons.
Temps simple : l’action doit se réaliser. Temps composé : l’action doit être terminée.

Conjugaison de l’impératif présent :

  chanter (1er groupe) finir (2e groupe) rendre (3e groupe)
2e personne singulier chante finis rends
1ère personne pluriel chantons finissons rendons
2e personne pluriel chantez finissez rendez

– L’impératif compte seulement 3 personnes car on donne un ordre à une personne qui est présente.

– Il s’emploie sans pronom sujet pour la même raison.

–  L’impératif présent est semblable à l’indicatif présent sauf que la 2e personne du singulier des verbes du premier groupe n’a pas de -s.

Ex. : chante ; regarde ; travaille ; …

C’est également le cas pour les verbes cueillir, offrir, ouvrir, souffrir, etc. et aller.

Ex. : cueille, offre, ouvre, va !

– Attention, devant -en et -y, on ajoute un -s à la 2e personne du singulier des impératifs terminés par -e ainsi qu’à va.

Ex. : Achète ! -> Achètes-en !     Va ! -> Vas-y !

Notez la présence du trait d’union entre le verbe et le pronom qui suit.

– Dans la tournure pronominale, l’impératif est suivi de la forme renforcée du pronom personnel : toi, nous, vous.

Ex. :     s’asseoir ->  assieds-toi ; asseyons-nous ; asseyez-vous.

Notez la présence du trait d’union entre le verbe et le pronom qui suit.

– Quatre verbes usuels ont un impératif irrégulier :

avoir être savoir vouloir
aie sois sache veuille
ayons soyons sachons Veuillons
ayez soyez sachez Veuillez

Par politesse, on utilise veuillez pour donner un ordre :

Ex. : Veuillez entrer je vous prie.


→ Voir la leçon sur le type injonctif (III. Le type injonctif) en suivant ce lien.


Les figures de style qui fonctionnent par ressemblance, par analogie

« Tours de mots et de pensées qui animent ou ornent le discours » (Dumarsais, XVIIIe siècle).

L’étude doit toujours se décomposer en deux parties : l’identification de la figure de style puis l’analyse des effets produits.

La comparaison établit un lien de comparaison entre deux choses à l’aide d’un outil de comparaison (« comme ; pareil à ; semblable à… »).

 

“ L’habitude venait ne prendre dans ses bras et me portait jusque dans mon lit comme un petit enfant. »

Fonctionnement : ………………………………

…………………………………………………..

Effet : ……………………………………………

…………………………………………………..

La métaphore permet de remplacer une réalité par une image grâce à des ressemblances.

 

« Ce qui lui manquait si fort, c’était la mer, sa grande voisine depuis vingt-cinq ans. »

Fonctionnement : ………………………………

………………………………………………….

Effet : …………………………………………..

………………………………………………….

L’allégorie est la représentation humaine d’une réalité abstraite.

 

“ Ils ont croisé le fer ”

Fonctionnement : ………………………………

…………………… …………………………….

Effet : …………………………………………..

………………………………………………….

La personnification représente une chose ou une idée sous traits d’une personne ou d’un être vivant.

 

Ce livre, elle le devine, sera un labyrinthe où tous les sentiers mèneront au centre […]. 

Fonctionnement : ..……………………………..

……………………………………………………

Effet : ……………………………………………

…………………………………………………..

 

La métonymie remplace un mot par un autre mot qui est lié au premier par un rapport logique suffisamment net.

 

« Ton teint est pareil à l’éclat de la rose »

Fonctionnement : …………………………….

…………………….. …………………………..

Effet : …………………………………………..

………………………………………………….

Exercice

Quelles figures de style sont utilisées dans les énoncés suivants. Déterminez l’effet recherché.

1) Trois mille six cents fois par heure la Seconde Chuchote : Souviens-toi.

2)  Jusqu’au fond de nos cœurs notre sang s’est glacé.

3) Sur l’onde calme et noire où dorment des étoiles

La blanche Ophélia flotte comme un grand lys.

4) Ainsi Amour inconstamment me mène ;

5) C’est un roc !…C’est un pic !… C’est un cap !…

Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule !…

6) Voici ce que je vis : Les arbres sur ma route

Fuyaient mêlés, ainsi qu’une armée en déroute…

7) Allons boire un verre.

8) Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,

Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,

Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,

Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.