Mardi 27 avril
Temps d’activité : 1 heure

Bonjour. Hier vous avez fait un questionnaire sur la première partie du roman puis vous avez réfléchi à ce qui pourrait se passer ensuite. Aujourd’hui, nous allons travailler sur un nouvel extrait du texte afin de découvrir le personnage principal de l’histoire.
→ Allons maintenant dans la partie séquence du classeur pour travailler sur la suite du roman Niourk (2ème texte sur photocopie : L’enfant noir). Notez le titre, lisez / écoutez l’extrait puis répondez aux questions.
III. L’enfant noir
Le vieux s’adresse à la tribu et déclare qu’il va grimper « chez les dieux ; dans les montagnes de Cuba jusqu’à Santiag, la ville des dieux ».
Le Vieux se leva et dit :
— Quand je reviendrai, dans quatre jours, l’enfant noir mourra.
À ces paroles, l’enfant qui somnolait la tête entre les jambes sursauta, jetant autour de lui un regard de bête traquée. Tous les yeux de la tribu s’attachaient à lui. Les femmes claquaient de la langue avec satisfaction. Les chasseurs se fouettaient les pectoraux, avec des gestes lourds. Un autre enfant jeta une pierre à l’enfant noir, dont l’épaule saigna.
Il abaissa de nouveau la tête entre ses jambes et feignit de se rendormir pour avoir la paix. Habitué aux brimades, il connaissait le meilleur moyen d’obtenir la tranquillité : se faire oublier.
Il n’avait jamais compris pourquoi il était considéré comme un ennemi dans sa propre tribu, pourquoi il était né noir. Il ignorait que le sang vigoureux d’une race disparue resurgissait en lui, après des générations de latence. Il paraissait avoir onze ou douze ans. Le Vieux l’avait toujours haï sans savoir pourquoi : une antipathie confuse germée dans le cerveau d’une brute à demi folle. Et la tribu adoptait la haine du Vieux tout-puissant.
Pourtant, l’enfant noir avait le regard moins borné que la plupart. Son isolement moral l’avait forcé à se distraire tout seul, à former des pensées rudimentaires. Mis à l’écart des autres, de leurs occupations, de leurs fêtes, de leurs repas, ses interminables loisirs forcés avaient décuplé en lui un certain don d’observation. Il se nourrissait de détritus et de petits rongeurs attrapés à la main et dévorés crus.
Pourquoi le Vieux avait-il toujours remis à plus tard son exécution ? Par peur d’un choc en retour, d’un maléfice ? Le fait d’avoir un enfant noir dans la tribu était extraordinaire, mystérieux, donc suspect. Mais quelles conséquences pouvait avoir sa mort, pourtant ardemment désirée ? Et voilà que le Vieux décidait d’en finir ! La chose était certaine, le Vieux avait parlé net devant tout le monde, il ne pourrait se dédire. Mais il avait eu tort d’attendre si longtemps. L’enfant noir ne croyait pas, était le seul de la tribu à ne pas croire à la puissance du Vieux. Un instinct sûr lui affirmait que le Vieux n’aurait rien été sans son chapelet de vertèbres, rien du tout. Il usurpait la puissance des morts. Mais le chapelet, ça, c’était sérieux. L’enfant noir y croyait dur.
Quant aux dieux, qu’il n’avait d’ailleurs jamais vus, tantôt ils l’effrayaient, tantôt il s’imaginait leur ami. Il voyait dans sa faiblesse un complément naturel de leur puissance. Il sentait obscurément qu’il pouvait obtenir leur protection.
Niourk, chapitre 2, Stefan Wul, 1957.
1) Le personnage de l’enfant
1) Peut-on dire que l’enfant est le personnage principal ? Pourquoi ?
2) Comment les membres de la tribu se comportent-ils vis-à-vis de lui ?
3) Quelles sont les différences entre le héros du récit et les autres personnages ? Justifiez vos réponses.
2) La narration
4) Selon vous, sommes-nous toujours dans l’incipit du récit ? Pourquoi ?
5) Qu’est-ce qui montre que l’action a commencé par rapport à l’extrait précédent ?
6) D’après le texte, qui pourrait aider l’enfant dans la suite du récit ?