Jeudi 8 avril
Temps d’activité : 1 heure

Mardi, nous avons continué la séquence 5 qui porte sur la pièce de théâtre Les Justes d’Albert Camus. Nous avons noté une définition du théâtre, distingué dans le texte de théâtre les dialogues des didascalies puis nous avons rappelé les différentes formes de dialogues au théâtre.
II. La scène d’exposition
→ Prenez le texte support : Acte I, scène 1, Les Justes, Camus, 1949. Vous allez lancer le lecteur audio qui propose une lecture de la scène et vous allez lire à voix haute uniquement les répliques de Stepan qui ont été effacées. Essayez d’adopter le ton qui convient en fonction des répliques des autres personnages, refaites la lecture une seconde fois en améliorant l’intonation.
Attention à l’erreur sur la photocopie à la ligne 14, plusieurs répliques sur la même ligne !
| L’appartement des terroristes. Le matin. Le rideau se lève dans le silence. Dora et Annenkov sont sur la scène, immobiles. On entend le timbre de l’entrée, une fois. Annenkov fait un geste pour arrêter Dora qui semble vouloir parler. Le timbre retentit deux fois, coup sur coup.
Annenkov : C’est lui. Il sort. Dora attend, toujours immobile. Annenkov revient avec Stepan qu’il tient par les épaules. Annenkov : C’est lui ! Voilà Stepan. Dora, elle va vers Stepan et lui prend la main : Quel bonheur, Stepan ! Stepan : Bonjour, Dora. Dora, elle le regarde : Trois ans, déjà. Stepan : Oui, trois ans. Le jour où ils m’ont arrêté, j’allais vous rejoindre. Dora : Nous t’attendions. Le temps passait et mon cœur se serrait de plus en plus. Nous n’osions plus nous regarder. Annenkov : Il a fallu changer d’appartement, une fois de plus. Stepan : Je sais. Dora : Et là-bas, Stepan ? Stepan : Là-bas ? Dora : Le bagne ? Stepan : On s’en évade. Annenkov : Oui. Nous étions contents quand nous avons appris que tu avais pu gagner la Suisse. Stepan : La Suisse est un autre bagne, Boria. Annenkov : Que dis-tu ? Ils sont libres, au moins. Stepan : La liberté est un bagne aussi longtemps qu’un seul homme est asservi sur la terre. J’étais libre et je ne cessais de penser à la Russie et à ses esclaves. Silence. Annenkov : Je suis heureux, Stepan, que le parti t’ait envoyé ici. Stepan : Il le fallait. J’étouffais. Agir, agir enfin… Il regarde Annenkov. Nous le tuerons, n’est-ce pas ? Annenkov : J’en suis sûr. Stepan : Nous tuerons ce bourreau. Tu es le chef, Boria, et je t’obéirai. Annenkov : Je n’ai pas besoin de ta promesse, Stepan. Nous sommes tous frères. Stepan : Il faut une discipline. J’ai compris cela au bagne. Le parti socialiste révolutionnaire a besoin d’une discipline. Disciplinés, nous tuerons le grand-duc et nous abattrons la tyrannie. Dora, allant vers lui : Assieds-toi, Stepan. Tu dois être fatigué, après ce long voyage. Stepan : Je ne suis jamais fatigué. Silence. Dora va s’asseoir. Stepan : Tout est-il prêt, Boria ? Annenkov, changeant de ton : Depuis un mois, deux des nôtres étudient les déplacements du grand- duc. Dora a réuni le matériel nécessaire. Stepan : La proclamation est-elle rédigée ? Annenkov : Oui. Toute la Russie saura que le grand-duc Serge a été exécuté à la bombe par le groupe de combat du parti socialiste révolutionnaire pour hâter la libération du peuple russe. La cour impériale apprendra aussi que nous sommes décidés à exercer la terreur jusqu’à ce que la terre soit rendue au peuple. Oui, Stepan, tout est prêt ! Le moment approche. Stepan : Que dois-je faire ? Annenkov : Pour commencer, tu aideras Dora. Schweitzer que tu remplaces, travaillait avec elle. Stepan : Il a été tué ? Annenkov : Oui Stepan : Comment ? Dora : Un accident. Stepan : Ensuite ? Stepan regarde Dora. Dora détourne les yeux. Annenkov : Ensuite, nous verrons. Tu dois être prêt à nous remplacer, le cas échéant, et maintenir la liaison avec le Comité central. Stepan : Qui sont nos camarades ? Annenkov : Tu as rencontré Voinov en Suisse. J’ai confiance en lui, malgré sa jeunesse. Tu ne connais pas Yanek. Stepan : Yanek ? Annenkov : Kaliayev. Nous l’appelons aussi le Poète. Stepan : Ce n’est pas un nom pour un terroriste. Annekov, riant : Yanek pense le contraire. Il dit que la poésie est révolutionnaire. Stepan : La bombe seule est révolutionnaire |
→ Répondez à ces questions au crayon de papier dans le classeur :
1) Que savez-vous du contexte historique au regard de la date ?
2) Quel sens comprenez-vous du titre de la pièce, Les Justes ?
3) Qu’est-ce qu’une scène d’exposition ?
1) L’exposition
1) Qu’apprend-on de ce groupe d’individus dans la scène d’exposition ?