
Partie séquence du classeur
III. Le discours de M. Brana
Discours prononcé par M. Brana face à des adolescents lors de la remise de la médaille de la Légion d’honneur.
→ Lisez le texte et répondez à la problématique qui se trouve en dessous.
Tout récemment, dans un groupe de jeunes gens qui s’étaient réunis pour m’adresser des compliments, je disais: « le héros est mort. L’invalide seul demeure. Voyez surtout en moi un homme qui n’a pu parcourir 500 mètres à pied depuis l’âge de 23 ans. Ne regardez jamais la guerre à travers cette atmosphère légendaire et romanesque tissée de galons et de décorations. Considérez-la avec vos yeux les plus réalistes, et vous ne verrez que ventres ouverts, figures en bouillie, membres déchiquetés, vos mamans qui pleurent, vos fiancées qui pleurent, des orphelins qui réclament leurs pères. » J’aurais pu ajouter autre chose et ceci m’amène à vous faire un aveu, un aveu qui m’en coûte et que peu de combattants, faute sans doute de savoir lire en eux-mêmes, se hasardent à articuler.
La guerre a fait de nous, non seulement des cadavres, des impotents, des aveugles. Elle a aussi, au milieu de belles actions, de sacrifice et d’abnégation, réveillé en nous, et parfois porté au paroxysme, d’antiques instincts de cruauté et de barbarie. Il m’est arrivé — et c’est ici que se place mon aveu — à moi qui n’ai jamais appliqué un coup de poing à quiconque, à moi qui ai horreur du désordre et de la brutalité, de prendre plaisir à tuer. Lorsque, au cours d’un coup de main, nous rampions vers l’ennemi, la grenade au poing, le couteau entre les dents comme des escarpes [bandits, assassins], la peur nous tenait aux entrailles, et cependant une force inéluctable nous poussait en avant. Surprendre l’ennemi dans sa tranchée, sauter sur lui, jouir de l’effarement de l’homme qui ne croit pas au diable et qui pourtant le voit tout à coup tomber sur ses épaules ! Cette minute barbare, cette minute atroce avait pour nous une saveur unique, un attrait morbide, comme chez ces malheureux qui, usant de stupéfiants, mesurent l’étendue du risque, mais ne peuvent se retenir de prendre du poison.
Cahiers de l’Union Fédérale, 15 août 1936.
Problématique : Comment M. Brana dénonce-t-il les horreurs que la guerre fait aux Hommes ?
IV. Tardi et Daeninckx, Le Der des ders
Vous allez étudier les trois planches tirées de la bande dessinée de Tardi et de Daeninckx, Le der des ders, afin de préparer un oral de DNB. Le document sera présenté dans le cadre de l’Histoire des Arts dans le Parcours Éducation Artistique et Culturel.
→ Consulter attentivement les documents ci-dessous et répondez à la problématique : Que dénoncent les auteurs à propos de cette guerre ?
Planche 1 


Planche 2


Planche 3


Exercice d’écriture
→ Au propre, sur une feuille, question d’analyse d’une image type DNB.
La peinture d’Otto Dix, Les Joueurs de Skat, correspond-elle aux propos de M. Brana dans son discours ?