Dans un récit, il faut faire parler les personnages afin de rendre le récit plus vivant. Souvent, le narrateur laisse la parole à ses personnages : c’est ce que l’on appelle le style direct.
I. Les paroles au style direct
→ Lisez cet extrait de Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo. Passez la souris sur les mots difficiles pour avoir une définition.
Gringoire, poète sans argent ni domicile, a suivi une gitane jusqu’à la cour des miracles, là où se retrouvent les mendiants de la ville de Paris.
Cependant le cul-de-jattePersonne qui n'a plus de jambes, debout sur ses pieds, coiffait Gringoire de sa lourde jatteRécipient rond que le cul-de-jatte pose sous lui pour ne pas se blesser sur le sol ferrée, et l’aveugle le regardait en face avec des yeux flamboyants.
« Où suis-je ? dit le poète.
– Dans la Cour des Miracles, répondit un quatrième spectrePersonnage qui apparait comme un fantôme, surnaturel qui les avait accostés.
– Sur mon âme, reprit Gringoire, je vois bien les aveugles qui regardent et les boiteux qui courent ; mais où est le sauveurGringoire demande où est Jésus, qui a guéri des infirmes dans la Bible ? »
Ils répondirent par un éclat de rire sinistre.
Notre-Dame de Paris, Victor Hugo, 1832.
1) Repérez dans le texte les passages qui rapportent (répètent) la parole des personnages. Qu’est-ce qui montre que c’est bien les personnages qui parlent et non le narrateur ? 2) Repérez tous les éléments qui sont dans la narration et qui encadrent le dialogue au style direct.
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Cependant le cul-de-jatte, debout sur ses pieds, coiffait Gringoire de sa lourde jatte ferrée, et l’aveugle le regardait en face avec des yeux flamboyants. « Où suis-je ? dit le poète. – Dans la Cour des Miracles, répondit un quatrième spectre qui les avait accostés. – Sur mon âme, reprit Gringoire, je vois bien les aveugles qui regardent et les boiteux qui courent ; mais où est le sauveur ? » Ils répondirent par un éclat de rire sinistre.
1) Ce sont bien les personnages qui parlent :
– Ils utilisent la première personne (« je ; mon« ).
– Les verbes sont au présent, temps de l’oral, et non au passé, qui est le temps du récit.
– L’intonation est celle plus vive de l’oral (ici l’interrogation).
2) Éléments qui encadrent le style direct :
– L’ouverture et la fermeture des guillemets.
– L’utilisation des tirets pour changer de personnage.
– Les incises, verbes de parole insérés dans le dialogue, qui rappelle qui parle et de quelle manière (« dit le poète ; répondit un quatrième spectre… ; reprit Gringoire« ).
1) L’organisation du dialogue
Hans devint menaçant (1) : « (2) Si fous continuez, yé fais leur tire que fous n’êtes pas saches ! (3)
– Qu’est-c’qu’i dit ? On comprend rien », s’insurgea Pierre. (4) (5)
– C’est parce qu’il est allemand gros bêta, répondit calmement Clotilde (6), il a juste un fort accent germanique. Il dit que si on n’est pas sages, il rapportera tout à Papa et Maman ! »
1 – Un mot dans la narration annonce la prise de parole (« devint menaçant »).
2 – Deux points, ouvrez les guillemets.
3 – A la ligne et tiret pour faire parler un autre personnage.
4 – Une incise pour rappeler qui parle et indiquer la façon dont il s’exprime (« s’insurgea Pierre »).
5 – A la ligne et tiret pour changer de personnage.
6 – Une incise pour savoir qui parle et comment.
7 – La fermeture des guillemets à la fin du dialogue.
Les incises sont des passage narratifs qui se placent dans le dialogue pour rappeler qui parle et comment :
– Viens me voir ! ordonna-t-il.
Ce sont souvent des verbes de parole : répondre, demander, rétorquer, s’écrier, … Le verbe est au temps de la narration (passé simple ou présent). Le pronom personnel est alors rejeté derrière le verbe : demanda-t-il, répondit-il, …
→ Transposez au style direct les paroles des personnages.
Philémon raconta comment il était entré par la fenêtre dans la maison du guet, puis avait trouvé l’acte d’accusation posé sur une table au fond de la pièce.
Solène s’exclama que c’était de la folie d’avoir pris un tel risque car il aurait pu être découvert à chaque instant.
Elle le remercia cependant dans un murmure.
Le jeune homme rougit et lui répondit qu’il était prêt à aller au bout du monde pour la sauver.
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Philémon raconta : « je suis entré par la fenêtre dans la maison du guet et j’ai trouvé l’acte d’accusation sur une table au fond de la pièce.
– C’est de la folie d’avoir pris un tel risque, s’exclama Solène, tu aurais pu être découvert à chaque instant. Je te remercie cependant, murmura-t-elle.
– Je suis prêt à aller au bout du monde pour te sauver, répondit le jeune homme en rougissant.