Le point de vue

La notion de point de vue c’est, dans un récit, la question de savoir au travers de qui le lecteur découvre l’histoire.

Activité initiale

Extrait 1
A vingt-six ans, Jacques avait épousé Félicie, une grande belle fille de dix-huit ans, la nièce d’une fruitière de la Villette, qui lui louait une chambre. Lui était ciseleur sur métaux et gagnait jusqu’à des douze francs par jour ; elle, avait d’abord été couturière.

Emile Zola, « Jacques Damour », 1880.

Extrait 2
Et le jeune homme […] considéra avec attention l’appartement. Il n’était pas grand ; rien n’attirait le regard en dehors des arbustes ; aucune couleur vive ne frappait ; mais on se sentait à son aise dedans, on se sentait tranquille, reposé.

Guy de Maupassant, Bel-Ami, 1885.

Extrait 3
Une jeune dame vient de sortir de sa petite et coquette maison dont la porte est sur la Croisette. Elle s’arrête un instant à regarder les promeneurs, sourit et gagne, dans une allure accablée, un banc vide en face de la mer. Fatiguée d’avoir fait vingt pas, elle s’assied en haletant. Son pâle visage semble celui d’une morte.

Guy de Maupassant, « Première neige », 1883.

Dites si l’on raconte comme si l’on connaissait tout, par le biais d’un seul personnage ou bien de manière neutre dans les extraits ci-dessus.

Correction de l'activité

Dans l’extrait 1, le narrateur semble tout savoir des personnages, il s’agit d’un point de vue omniscient.

Dans l’extrait 2, nous découvrons l’histoire au travers d’un personnage, c’est le point de vue interne.

Dans l’extrait 3, tout est décrit sans apporter la moindre information. Il s’agit d’un point de vue externe.


Leçon

Le point de vue est l’angle selon lequel le narrateur raconte ou décrit. Si le narrateur est à la première personne, le point de vue est forcément interne, celui de « je ». Lorsque le récit est à la troisième personne, le narrateur peut adopter :

I. Un point de vue omniscient (narrateur qui sait tout) :
le narrateur connaît tout des événements passés et à venir, des lieux, des personnages (pensées, sentiments…). Il peut se déplacer comme il le souhaite et se rendre n’importe où, n’importe quand.

II. Un point de vue interne :
le narrateur ne raconte ou ne décrit que ce que sait ou voit un personnage. C’est toujours le cas dans les récits à la première personne, et parfois aussi dans un récit à la troisième personne. Dans ce cas, un verbe de perception (voir, regarder…) ou de pensée (penser, se dire…) signale le passage à ce point de vue. Le lecteur s’identifie alors au personnage et vit les événements comme s’il était dans la peau de celui-ci.

III. Un point de vue externe :
le narrateur limite l’information à ce que pourrait voir un témoin extérieur, comme une caméra.

Un récit comporte un point de vue dominant, mais il peut y avoir des changements de point de vue dans un même récit (passage d’un personnage à un autre dans le cas d’un narrateur omniscient ; d’un point de vue interne à externe parfois ; …).